Snapchat, Instagram, TikTok, WhatsApp… Les réseaux sociaux font partie intégrante du quotidien des collégiens. Ils y passent plusieurs heures par jour, s’y informent, communiquent, se divertissent. Mais derrière les filtres, les likes et les vidéos virales se cachent aussi des enjeux éducatifs majeurs. Faut-il interdire ? Accompagner ? Former ? La réponse est claire : il faut éduquer.
Pourquoi intervenir dès le collège ?
Selon une étude de Médiamétrie, plus de 90 % des 11-14 ans utilisent au moins un réseau social. Or, la plupart de ces plateformes sont théoriquement interdites aux moins de 13 ans. Ce décalage entre l’usage réel et le cadre légal montre qu’il ne suffit pas d’interdire : il faut accompagner.
Le collège est le moment clé où les jeunes construisent leur identité sociale, explorent leur intimité, cherchent à appartenir à un groupe. Les réseaux deviennent leur terrain de jeu, mais aussi un lieu de vulnérabilités.
Quels risques pour les adolescents ?
- Cyberharcèlement : insultes, moqueries, humiliations en ligne
- Dépendance aux likes et à la validation sociale
- Exposition à des contenus inappropriés : violences, fake news, sexualisation précoce
- Vol de données ou usurpation d’identité
- Atteinte à l’estime de soi : comparaison constante avec des profils idéalisés
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Éduquer plutôt qu’interdire
Plutôt que de diaboliser les réseaux sociaux, l’objectif est d’aider les élèves à comprendre comment ils fonctionnent, ce qu’ils en attendent, et quels sont les mécanismes qui peuvent les piéger.
Quelques axes à travailler en classe ou à la maison :
- Décrypter les algorithmes : pourquoi voit-on tel contenu et pas un autre ?
- Comprendre les enjeux de l’image : filtres, retouches, scénarios mis en scène
- Savoir signaler et se protéger : bloquer, faire une capture, contacter un adulte
- Réfléchir à ce qu’on publie : confidentialité, réputation, données personnelles
Des projets concrets à mener au collège
L’Éducation aux Médias et à l’Information (EMI) offre un cadre idéal pour travailler ces compétences. Quelques idées d’activités pédagogiques :
- Créer un faux profil et analyser les réactions qu’il suscite
- Réaliser une enquête sur les pratiques numériques des élèves
- Simuler une situation de cyberharcèlement et réfléchir aux réactions
- Débattre autour de vidéos virales ou de défis dangereux
- Écrire une charte des bonnes pratiques numériques pour la classe
Le rôle clé des adultes
Parents et enseignants doivent jouer un rôle de guides, pas de contrôleurs. Il est important de :
- Favoriser le dialogue : “Quels réseaux utilises-tu ? Pourquoi ?”
- Poser un cadre : horaires, lieux d’utilisation, règles de publication
- Montrer l’exemple : éviter de poster à outrance sa propre vie
L’écoute bienveillante et la discussion régulière valent mieux qu’une surveillance constante.
Conclusion
Les réseaux sociaux ne sont ni bons ni mauvais : tout dépend de l’usage qu’on en fait. En les accompagnant dès le collège, on donne aux jeunes les outils pour s’exprimer, créer, s’informer… sans se mettre en danger. L’enjeu est éducatif, citoyen et humain. C’est à nous, adultes, de leur apprendre à surfer sans se noyer.